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Historique
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Jules Massé
fut un infatigable propagateur du français. Passionné de sa
langue, il en fait un idéal auquel il consacre toute sa vie.
Son but est de faire parler au peuple un français simple mais
correct : « Nous revêtons notre corps avec beaucoup de soin,
pourquoi sommes-nous si négligents à revêtir notre pensée qui
est pourtant plus nous-mêmes que notre corps ? ».
Pour ses nombreuses réalisations, Jules Massé mérite certainement
de figurer dans l¹histoire culturelle du Québec des années 1920,
1930, 1940 et 1950. Jules Massé fonde, puis préside aux destinées
de la SPBF de 1923 jusqu¹à sa mort prématurée à l¹âge de 49
ans en 1951. Cinquante ans après sa mort, il est à propos de
se remémorer son oeuvre. |
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Selon
des visiteurs venus en Nouvelle-France au XVIIe siècle, la qualité
de la langue parlée était excellente, et, notamment, les colons
n'avaient pas d'accent. Que s'est-il donc passé pour que, trois
siècles plus tard, à la veille de la Révolution tranquille,
les intellectuels québécois s'alarmaient de l'état de détérioration
de leur langue, désormais source de honte ?
Depuis l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, le
statut minoritaire de ceux qui voient leurs droits scolaires
bafoués dans toutes les provinces sauf le Québec, et qui se
désignent de plus en plus comme Canadiens français, ne cesse
de se confirmer.
Cette évolution va engendrer un repli identitaire, axé sur un
discours de la survivance, et que viendront renforcer deux phénomènes
fondamentaux : la mainmise progressive du clergé catholique
sur l'éducation, et l'urbanisation. À partir de la seconde moitié
du XIXe siècle, Montréal, comme plusieurs villes du Nord-Est
des États-Unis, accueille des centaines de milliers de Canadiens
français provenant des régions rurales. Ceux-ci, confinés dans
des emplois non-qualifiés et mal rémunérés au bas de la hiérarchie
sociale, n'ont d'autres choix que d'apprendre quelques mots
d'anglais, qui est alors la langue de l'industrie, du commerce,
du prestige. L'Église catholique, loin d'être un facteur de
croissance sociale, encourage l'attitude de repli et maintient
le peuple dans un état de sous-scolarisation qui n'a alors point
d'égal au Canada.
- Jules Massé
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